Françoise Robichaud (Boudrot)

Épouse d’Étienne Robichaud

La famille Boudrot

L’une des plus grandes familles acadiennes provient d’un pionnier nommé Michel Boudrot qui est né vers 1600. Bona Arsenault (i) croyait qu’il était originaire de Cougnes, diocèse de La Rochelle en France.

Michel est arrivé en Acadie avant 1639, alors qu’il était déjà mentionné comme syndic « syndic » à Port-Royal. Michel a été répertorié comme fermier au recensement de 1671 et comme lieutenant général civil et criminel (magistrat) au recensement de 1686.

Il a probablement été recruté par le gouverneur Charles d’Aulnay puisqu’il était présent au baptême de la fille du gouverneur, Marie D’Aulnay, le 21 septembre 1639, en sa qualité de premier syndic de Port-Royal. Il est manifestement arrivé en Acadie avant cette date, probablement avec un groupe de colons recrutés par Charles de Menou et Martin Le Godelier à LaChaussee, France, en 1632, et qui ont quitté Saint-Martin-de-Ré le 23 juillet. 1632.

En 1639, Michel était agent de gestion à Port-Royal, en Acadie, et bien que le recensement de 1671 le montre comme un fermier, il assuma les fonctions de magistrat.

Vers 1641, il épouse Michelle Aucoin. Entre 1642 et 1666 environ, le couple a eu 11 enfants, dont Françoise qui deviendra la femme d’Étienne Robichaud.

Il meurt le 26 mars 1742, il est enterré à Saint-Jean-Baptiste d’Annapolis Royal (Prêtre : C. De la Goudalie).

En 1654, Port-Royal est capturé par Robert Sedgwick, qui dirige 300 soldats et volontaires britanniques :

« Les soldats [français] de Port-Royal, qui étaient au nombre de 130 environ… opposèrent une courte défense à Sedgwick. En tendant une embuscade entre le site de débarquement des troupes anglaises et le fort, les Français tirèrent sur les assaillants, mais ne prouvèrent aucun match pour les Roundheads expérimentés. Le 16 août, le fort s’est rendu… Sedgwick a accordé des conditions honorables, permettant aux défenseurs de sortir du fort avec des drapeaux flottant, des tambour battant et des mousquets aux soldats et les employés qui travaillaient au fort se sont vus offrir le transport de retour en France et ont reçu suffisamment de peaux pour couvrir leur salaire.»

Bien que le commandant de Port-Royal soit parti pour la France, la plupart des Acadiens, y compris la famille Boudrot, sont restés en Acadie. Ils ont été autorisés à conserver leurs terres et leurs biens et ont obtenu la liberté de religion.

Dunn décrit la vie en Acadie pendant les 16 années de domination britannique nominale :

« Pendant les années de domination britannique, la majeure partie de la population de Port-Royal s’est éloignée en amont de la ville. En utilisant les pratiques agricoles initiées sous D’Aulnay, les Acadiens ont digéré et cultivé de vastes marais salants le long de la rivière et élevé du bétail. Par nécessité, les résidents avaient trouvé un logement avec des commerçants de la Nouvelle-Angleterre qui étaient devenus leur seule source pour les marchandises qu’ils ne pouvaient pas produire eux-mêmes… Les commerçants de la Nouvelle-Angleterre échangeaient leurs marchandises contre des produits acadiens et des fourrures… dans la région de Port-Royal en 1665.»

En 1671, les Britanniques avaient cédé l’Acadie à la France et la colonisation française a repris.

En 1685, à l’âge d’environ 85 ans, Michel reçoit une lettre du roi de France le nommant lieutenant-général pour les affaires civiles et criminelles du pays et de la côte acadienne, poste qu’il occupera jusqu’en 1688.

L’année suivante, le 5 octobre 1687, il reçoit un témoignage pour les services rendus par Charles de Menou et les colons arrivés en Acadie avant 1641. Il fut également l’un des signataires d’une attestation favorable aux travaux d’Aulnay le 5 octobre 1687. (i)

Michel Boudrot est mort à Port-Royal entre 1688 et 1693.

Note: Il est évident que Françoise aura une influence dans les bons mariages faits par ses fils et ses filles de par les relations de sa famille dans la société du temps.

(i) Bona Arsenault, né le 4 octobre 1903 à Bonaventure et décédé le 4 juillet 1993 à Sainte-Foy, était un homme d’affaires, homme politique, journaliste et historien québécois-acadien.

(ii) Une partie de Port-Royal était couverte par la mer et le Sieur D’Aunay, a pris la décision, de drainer la mer cette partie de Port-Royal.