L'ACADIE

Sur les traces de mes ancêtres

Histoire


L’histoire de l’Acadie s’échelonne sur plus de quatre siècles jusqu’à nos jours. Les Vikings fréquentent au moins une partie des côtes au XIe siècle, suivis des pêcheurs basques et d’autres Européens à partir du XIIIe siècle. Giovanni da Verrazzano longe les côtes en 1524 et utilise pour la première fois le nom Acadie. Jacques Cartier prend possession de l’Acadie au nom de la France en 1534. L’Acadie fut colonisée pour la première fois par un huguenot, Pierre du Gua de Mons, premier gouverneur de l’Acadie, accompagné de Samuel de Champlain en 1604 et de Jean de Poutrincourt.


Ils établirent leur première colonie sur l’île Sainte-Croix, située sur une rivière s’écoulant du Maine actuel, de la province du Nouveau-Brunswick jusqu’à une partie du Québec actuel. La colonie de Sainte-Croix ne survivra pas, en raison de la rudesse de l’hiver et du manque d’eau douce. La moitié des colons meurt à l’hiver de 1605 et il est décidé à reloger le groupe à un autre endroit. Cet autre endroit, cette fois situé près de la baie de Fundy, sera nommé Port-Royal. Faute de finances, les colons quitteront les lieux en 1607. En 1610, Jean de Poutrincourt, deuxième gouverneur de l’Acadie, avec son fils de 19 ans, Charles de Biencourt, Claude de Saint-Étienne de la Tour et son fils de 14 ans Charles de Saint-Étienne de la Tour, un prêtre catholique et d’autres colons français se sont rendus à l’habitation.


En 1613, l’habitation a été attaquée par des colons anglais de la Virginie. Plusieurs colons français sont tués et d’autres sont enlevés. Le fort et les marchandises sont détruits. Biencourt, qui était en France pour recueillir des approvisionnements, est retourné à Port-Royal le printemps suivant. Il fut obligé de retourner en France avec les colons survivants. Charles de Biencourt et Charles de la Tour sont restés parmi les Micmacs, s’engageant dans l’industrie de la fourrure. Biencourt est mort en 1623.


En 1631, Charles de la Tour est nommé lieutenant général de l’Acadie par la France et construits des forts au cap Sable et à Saint-Jean. L’Acadie est cédée à la France en 1632 par la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye. Le gouverneur Isaac de Razilly déplace alors la capitale à La Hève et reprend la colonisation en faisant venir 300 personnes. Razilly s’intéresse plus au commerce maritime qu’à l’agriculture, ce qui explique ses choix d’établissements. Des missionnaires français participaient à la colonisation depuis 1613 et quelques églises de bois sont construites à partir de 1680.


Après la mort de Razilly, survenue en 1636, Charles de Menou d’Aulnay de Charnizay ramène la capitale à Port-Royal et déclenche une guerre civile contre La Tour, les deux se disputant la succession. D’Aulnay considère que l’avenir de l’Acadie passe par la production agricole et il parvient à faire venir quelques familles avant sa mort en 1650, rendant la colonie plus autonome. Le peuplement de l’Acadie se fait notamment à partir de 1636 sous le mandat des gouverneurs Razilly et de Menou d’Aulnay-Charnizay qui font appel à des colons recrutés dans leur région d’origine la Touraine, mais aussi en Anjou, Saintonge, Aunis, Ile-de-France, Bourgogne ou Pays basque …mais leurs origines restent très difficiles à préciser puisque pour les migrants acadiens il y a peu de renseignements les concernant (lacunes: lieux de provenance, noms des parents) qui permettraient de confirmer leurs origines. En Touraine ont été retrouvées les origines de Nicolas Denys né en 1603 à Tours ou en Anjou, celles de Guillaume Trahan et Pierre Martin originaires de Bourgueil et Montreuil-Bellay, entre autres.


La France et l’Angleterre entrent à nouveau en guerre et l’Acadie est conquise par les Anglais en 1654, avant d’être cédée à la France en 1667 par le traité de Bréda. L’Acadie est à nouveau conquise par William Phips en 1690 puis retournée encore une fois à la France en 1697 par le traité de Ryswick.


À partir de 1670, des habitants de Port-Royal fondent de nouveaux villages, dont les principaux sont Beaubassin et Grand-Pré. L’Acadie, renommée Nouvelle-Écosse, est cédée au Royaume-Uni en 1713 par le traité d’Utrecht. Ce dernier, assoupli par une lettre de la reine Anne, permet aux Acadiens de quitter la Nouvelle-Écosse sans conditions. Au même moment, la France tente de les attirer à l’île Royale, qui a remplacé Plaisance comme centre de commerce français dans le golfe du Saint-Laurent, ainsi qu’à l’île Saint-Jean, qui doit servir de colonie agricole. La plupart des Acadiens décident tout de même de rester sur place, en raison des conditions de vie difficiles de ces deux îles. Par contre, les Anglais sont encore peu nombreux en Nouvelle-Écosse et tentent d’empêcher les Acadiens de la quitter, car il n’y a pas encore d’agriculteurs anglais et ils craignent que les relations commerciales des Acadiens contribuent à la puissance de l’île Royale. En outre, les Français changent rapidement de stratégie, en supposant que les Acadiens empêcheraient une colonisation britannique s’ils restent en Nouvelle-Écosse. Les Français construisent la forteresse de Louisbourg sur l’île Royale à partir de 1720, ce qui assoit leur contrôle sur la région, au même moment où une importante immigration de France et de Terre-Neuve grossit la population de l’île.


Lors de la guerre de Succession d’Autriche, les Français tentent sans succès de reprendre la Nouvelle-Écosse. Les Britanniques prennent Louisbourg en 1745. Une importante expédition militaire française tente de reprendre la Nouvelle-Écosse en 1746, mais une tempête tue la moitié des hommes et disperse les bateaux. Une expédition terrestre reprend tout de même les Mines en 1746, mais est rapidement expulsée par les Britanniques. En 1748, le traité d’Aix-la-Chapelle redonne l’île Saint-Jean et l’île Royale à la France, ce que les Britanniques considèrent comme un affront. Ils décident alors de changer de stratégie et d’en finir avec la présence française, y compris acadienne. C’est ainsi que 2 000 colons fondent Halifax en 1749. Les Acadiens conservent depuis un certain temps une attitude neutre et leur exode se poursuit vers les régions limitrophes de la Nouvelle-France. Les Britanniques tentent encore de leur faire prêter serment d’allégeance et, en 1761, les Français déclarent rebelle tout Acadien refusant de prêter allégeance au roi de France. Entre 1751 et 1754, les deux puissances construisent plusieurs forts en préparation de la guerre.


En 1755, le gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Charles Lawrence, fait prendre le fort Beauséjour aux mains des Français et commence la Déportation des Acadiens. Jusqu’en 1763, les territoires limitrophes de la Nouvelle-Écosse sont annexés et les Acadiens déportés vers la Nouvelle-Angleterre. De nombreux autres réussissent à s’enfuir vers le Canada ou l’île Saint-Jean (actuelle Île-du-Prince-Édouard) ou encore se cachent chez les Amérindiens. Plusieurs colonies refusent ces prisonniers, qui sont ensuite déportés vers l’Angleterre ou ramenés en Nouvelle-Écosse. L’île Saint-Jean est presque vidée de sa population en 1758. Les deux tiers sont déportés en France alors que les autres se réfugient à la rivière Ristigouche ou au Québec. Les réfugiés d’Angleterre sont expatriés en France en 1763. Des Acadiens se réfugient à Saint-Pierre-et-Miquelon, mais sont presque tous à nouveau déportés en 1778. Plus de la moitié des Acadiens meurent durant cette période.